mercredi 30 mai 2007

Rencontres gays : Quelques bons plans

Fatigué d’être seul, envie de connaître le garçon idéal, pour une nuit ou pour la vie ? Décoincez vous et allez jeter un coup d’œil sur Internet, le lieu de rencontre gay le plus populaire de Tunisie!
En effet, une multitude de sites offrent des services de rencontres pour les gays et ils sont très prisés par la population gay en Tunisie. Le plus connu et sans doute aussi le plus populaire : abcoeur.com recense plus de 15 000 gays en Tunisie de tous les ages, de 18 à 65 ans, du nord au sud, du beau au moche, il y en a pour tous les goûts ! On regrettera cependant la qualité médiocre de son service de chat où les discussions sont souvent axées autour du sexe et des plans faciles. Si l’on cherche l’âme sœur, on se tournera plus vers l’échange de petits messages sans utiliser le chat, ce qui a l’avantage de rester en contact avec les personnes même une fois déconnecté.
Pour ceux qui s’assument plus, il y a la référence mondiale des rencontres gays, j’ai bien sûr cité gaydar.co.uk ! Là aussi, il y a un grand nombre d’inscrits (bien que moindre que sur abcoeur), les gens sont souvent plus à l’aise avec leur sexualité et les critères de recherche sont plus élaborés et stricts… On regrettera cette fois ci l’absence d’un système de chat en live…
Plus mélangé et non exclusivement tunisien, les salons de chat entre garçons de voilà sont aussi très prisés, surtout par les plus jeunes. Il ne sera pas étonnant de rencontrer très facilement là-bas des jeunes entre 18 et 22 ans à la recherche d’amitiés ou d’amour. Attention quand même, ce salon n’est pas à caractère sexuel :-)

Finalement, et si tous ces services ne vous suffisent pour trouver votre bonheur, il y a toujours les groupes d’utilisateurs Hi5, 2 salons gays tunisiens existent totalisant ensemble un peu plus de 250 utilisateurs… Mais il y a beaucoup plus de gays sur Hi5, il suffit de surfer sur les profils pour s’en faire une petite idée ;-)

mardi 29 mai 2007

Mithli el Jens


Il faut saluer l’énorme travail que helem effectue chaque a travers ses différentes branches a travers le monde.

Pour briser le tabou et surtout les préjugés derrière tout acte homophobe. Il faut commencer par verbaliser notre existence.
2007, plusieurs médias arabophones utilisent encore des termes péjoratifs pour qualifier l'homosexualité: chaz (déviant), louti (sodomite), khenti (efféminé)... Bien loin de combattre l'homophobie, l'usage des mauvais termes a pour conséquence de renforcer les mythes et les préjugés de la population.L'expression Mithli el Jens (homo-sexuel) est un terme relativement nouveau qui a été adopté pour enrayer la connotation négative des mots utilisés jusqu'à récemment

lundi 28 mai 2007

Seconde gay pride violente à Moscou




C'est avec des coups de poings et de pieds que les extrémistes de droite et les militants orthodoxes ont accueilli dimanche 27 mai la deuxième tentative de tenir une gay pride à Moscou sans autorisation du maire. Comme l'année derniere, l'organisateur de l'évenement, Nikolai Alexeev, a été arrêté par la police peu de temps après son arrivée au rendez-vous donné aux manifestants. Après son arrestation, une série de violentes bagarres s'est déclenchée devant les bureaux du maire de Moscou, Yuri Lujkov. Un militant qui avait brandi un drapeau arc-en-ciel a été roué de coups de poings par un nationaliste, que la police a laissé en liberté. Peter Tatchell du groupe britannique OutRage! a été frappé en plein visage par un extrémiste de droite. Gémissant à cause de la douleur, il s'est appuyé contre un réverbère, se couvrant le visage avec une main et criant "Que quelqu'un me protège!" Il a aussitôt été emmené de force par la police, trainé par terre puis piétiné par les extrêmistes, tandis que son agresseur n'a pas été inquiété. Le député Allemand Volker Beck et l'euro-député Italien Marco Cappato ont aussi été entrainés par les forces de l'ordre vers les autocars de la police, "pour votre sécurité," ont-ils expliqué aux parlementaires. Le musicien Richard Fairbrass du groupe pop anglais Right Said Fred est venu pour donner son soutien, mais cinq minutes après le sang coulait sur son visage suite à une agression. Les chanteuses russes de t.A.T.u étaient aussi présentes, mais sont restées peu de temps. La stratégie des militants nationalistes consistait à encercler leurs victimes pendant que celles-ci parlaient aux nombreux journalistes présents. Ensuite, un néo-fasciste faisait irruption dans le groupe pour frapper celle ou celui qui parlait. Par ailleurs, un journaliste a été attaqué simplement parce qu'il portait une boucle d'oreille, interprétée par les nationalistes comme preuve de son homosexualité. Plusieurs dizaines de personnes ont été détenues par la police au cours de la pride, en majorité des gens en faveur de la manifestation. "Je crois qu'Alexeev a raison de faire ce qu'il fait," a dit Ksenia Prilepskaya, une jeune Russe courageuse qui était venue en aide à Tatchell. "Je suis venue ici pour donner mon soutien à tous ceux qui veulent que les droits de l'homme soient respectés en Russie."

vendredi 25 mai 2007

Et si c’était vous ?

Beaucoup voient l’homosexualité comme l’expression d’une déviance, d’une perversion, ou alors plus grave d’une maladie qui contraint les homosexuels à rester toujours en marge de la société. Cependant pourquoi personne ne s’est-il jamais posé la question : Et si c’était moi ? Et si j’étais homo, quel regard aurais je sûr moi-même ? Quel regard aurai-je sur la société ? Me permettre ai-je de haïr des personnes sans aucune raison, sans les connaître, si je faisais moi-même partie de ces personnes que je déteste tant?

La question à se poser n’est peut être pas de se mettre à la place des victimes, mais d’essayer de comprendre le comportement que l’on adopte soit même vis-à-vis des autres. Comportement qui est à la foi irrationnel car non fondé, trouvant son origine dans l’ignorance totale de la différence, et erratique dans le fait qu’il soit déconnecté d’une réalité sociale criante et d’un besoin de reconnaissance de droit de la part des victimes.

L’homophobie, qui trouve son origine dans l’influence des dogmes chrétiens sur les autres religions et sociétés, est un phénomène assez moderne qui a été amplifié par la crédulité et le manque de maturité des sociétés sous développées.

Le choix de poser la question de la reconnaissance de l’homosexualité comme centrale dans notre conception de la modernité sociale s’inscrit dans le droit chemin de la lutte pour la liberté de chacun. Ce n’est presque plus une question de droits, mais une question de dignité comme l’a souligné José Luis Rodríguez Zapatero, le premier ministre espagnol en s’adressant au parlement lors du vote sur la légalisation du mariage homosexuel en Espagne. Dans le même contexte, reconnaître le droit à la différence, tolérer la différence dans ce qu’elle a de plus enrichissant pour la société est urgent pour nous aujourd’hui en Tunisie.

La reconnaissance du droit à l’existence, à l’indifférence, ne pourra cependant se faire sans un mouvement général de revendication à la fois de la part des gays mais aussi de la part des personnes concernées par les droits humain et la lutte pour les égalités.

mercredi 23 mai 2007

Tendance été 2007


Pour l'été 2007, l'homme est invité à conjuguer une certaine élégance et une décontraction sans excès, en puisant dans une garde-robe riche en pantalons courts et vestes souples, et en associant des éléments du vestiaire sportif, comme les bermudas, à des pièces plus formelles. L’ambiance est résolument festive, avec des costumes de coton blanc, rose, à carreaux jaunes ou Vichy rose, des chemises imprimées, des noeuds papillons portés sur des pantalons noirs aux imprimés toniques Les t-shirts imprimés de grandes fleurs ainsi que les amples pantalons retenus par des bretelles, des vestes sombres et des gilets juste posés sur des chemises blanches.

Pour un homme dans l'esprit dandy : pantalons très courts ornés de dentelle et de satin, amples chemises blanches, vestes aux allures de redingotes. Allure décontractée et élégante : espadrilles noires, larges pantalons en laine et mohair ou en coton, chemises à cols souples ou sans col, cardigans et blousons réversibles. Les tons neutres et discrets (mastic, blanc, gris, marine, noir, anthracite) sont rehaussés de carrés de soie contrastés.

Chez Thierry Mugler, la silhouette est parée de noire ou d'acidulés (orange vif, rouge, métal). Les pantalons sont étroits et les hauts géométriques alternant le métal ou le cuir. Le costume propose une veste courte portée sur des t-shirts en jersey ou à paillettes.



Chez Jean-Paul Gaultier, l'homme est pluriel : entre veste en jean bleu ciel en croco ou looks irisés de reflets aquatiques, pantalons moulants, chaussettes rayées et espadrilles à talon, trenchs vaporeux couleur tabac et corsets bretelles, hauts en maille légère aux impressions médiévales.


Chez Emporio Armani, l'homme de l'été 2007 porte des pantalons larges à taille très haute soulignée d’une fine ceinture, des smokings de satin bicolores, des costumes impeccables, des vestes de smoking de satin noir portés sur pantalon mat.

Chez Giorgio Armani, l'élégance est naturelle, chic et décontractée. Au programme : poches basses pour les pantalons des costumes, gilets très ajustés.
Chez Comme des Garçons, l'homme se fait « Golden Boy » ! Avec l’or en fil conducteur décliné sur des vestes trois boutons, des baskets or à semelle blanche


L'Amour

Parce que l’amour n’a pas de frontière,
Parce que l’amour n’a pas de religion
Parce que l’amour n’a pas d’âge
Parce que l’amour n’a pas de genre
Parce que l’amour n’as pas de couleur
Parce que l’amour ne connait pas l’argent
Parce l’amour ne connait pas la haine
Parce que l’amour ne connait pas l’impureté
Parce que l’amour ne connait pas la souffrance
Parce que l’amour ne connait que la joie
Parce que l’amour ne se trouve pas
Parce que l’amour est beauté
Parce que l’amour ne se mérite pas
Parce que l’amour c’est vous et moi

lundi 14 mai 2007

Homophobie et SIDA

Au début de l’épidémie, le SIDA a essentiellement touchée la communauté homosexuelle ce qui a donné lieu à des associations directes entre la maladie et la sexualité de cette communauté. Association particulièrement tenace qui dicte encore aujourd’hui un certain nombre de réactions homophobes, à tel point que pour certains obscurantistes, la présence de la maladie suffit à attester de l’homosexualité du malade, et inversement, une homosexualité sera le signe d’une séropositivité.


D’autres conscients des chiffres avancés par les différents observatoires ou se voulant moins grossièrement falsificateurs détourneront le propos en qualifiant les malades en deux groupes : la majorité coupable (les homosexuels) et une minorité innocente (transfusés, hémophiles).
Coincés d’un côté par ces portes-paroles homophobes et porteurs d’une morale érigée en dogme et de l’autre côté par le poids des préjugés d’une société tunisienne, devant laquelle la révélation de sa maladie sera interprétée comme la révélation de son homosexualité et motif à banissement, la communauté homosexuelle doit se terrer et se taire. Et se taire d’autant plus qu’elle risque la prison selon les lois tunisiennes.


« Un millier de personnes sont infectées par le VIH en Tunisie, selon les décomptes officiels qui sous-estiment le nombre de cas en raison du secret qui frappe la maladie dans un pays de tradition musulmane et de la réticence à se faire dépister. La Tunisie a introduit l’an dernier les trithérapies mais, selon le Dr Mounira Garbouj, directrice des soins de santé de base, « les coûts de ces soins à la charge de l’Etat, pour les moins nantis, restent trop élevés pour notre pays ». (source Quotidien du médecin, 27/09/01).


« Quant à la lutte contre l’infection à VIH/SIDA, la Tunisie a mis en place très tôt un programme national de lutte contre le SIDA qui fort d’un partenariat actif et motivé, a réussi à maîtriser l’infection à une incidence ne dépassant pas 70 cas nouveaux par an. (Source : Bulletin Santé Informations - MSP - N°40 -Juin 2001)


A partir de ces deux extraits d’articles, on comprendra aisément que les chiffres « officiels » sont loin de la réalité. Qui osera annoncer sa maladie lorsque l’on connaît les préjugés de la société entretenus par les tenants du conservatisme religieux ? Comment peut-on imaginer que ces chiffres soient exacts lorsque l’on sait que les tunisiens, hommes et femmes, ne vivent pas couper du monde mais au contraire sont au contact de nombreux étrangers, lorsque l’on est informé des comportements sur le tourisme sexuel en Tunisie et plus basiquement, lorsque l’on sait comment les autorités ont l’habitude de prendre leurs aises avec les statistiques qui leur sont remises. Mais soit, admettons les chiffres officiels et regardons les dans le détail tel qu’il figure sur http://www.jssr.promed.com.tn/fr/infos.htm


Apercu Epidémiologique du VIH/SIDA en Tunisie


Incidence annuelle de l’infection à VIH / SIDA : 70 cas /an
Total des cas SIDA (1985 -2000) : 926 cas dont 117 femmes et 55 enfants
Nombre de cas de transmission Mère-enfant/an : moins de 5 cas.
Modes de transmission :
Hétérosexuel : 32%
Sang et dérivés : 16,5%
Homosexuel 5%
Périnatalité :5,5%
UDI (usage de drogues injectables à l’étranger) : 32%
Inconnu : 5%


On remarquera plusieurs choses intéressantes. Le mode de transmission est essentiellement hétérosexuel quand il est lié à la sexualité et peut également être lié à « l’usage de drogues injectables à l’étranger. Si le sujet n’était pas si grave ce second point prêterait à sourire. Je suppose que l’auteur de ces statistiques a voulu démontrer qu’il n’existe pas de drogues dures en Tunisie.
Vu du côté de la communauté homosexuelle peu de témoignages existent ). On peut trouver certaines informations sur le site kelma.org, site de la communauté homosexuelle maghrébine (Voir ci-après). Ces informations sont intéressantes dans le sens où l’on retrouvera bon nombre de similitudes avec la situation tunisienne : sous-estimation de la maladie, préjugés, répression (sélective)de l’homosexualité, ...


Si l’absence d’informations fiables concernant le sida en Tunisie est dommageable pour la prévention et les soins, l’information diffusée par les relais officiels est, elle, qualifiable par l’inconscience des propos tenus. Je ne saurais revenir sur le ridicule de la sémantique officielle (car en matière de santé comme en toutes choses en Tunisie, il ne saurait y avoir que des politiques « d’avant-garde ») mais uniquement sur la manière dont est évoqué le SIDA, et ce, à travers l’énumération de mesures de protection de l’enfance ( !) :
L’adoption de nouveaux programmes préventifs dont le programme national de santé mentale et le programme national de lutte contre le sida même si ce fléau ne revêt aucun caractère inquiétant en Tunisie (http://www.tunisieinfo.com/documents/handicapes/ch1-1.html).
Le monde entier s’inquiète de la progression de la maladie et en particulier en Afrique mais celle-ci « ne revêt aucun caractère inquiétant en Tunisie » ! L’auteur de ces phrases criminogènes devrait s’interroger sur le pourquoi de la tenue à Tunis, le 12 septembre dernier, d’un atelier sur le sida qui a réuni des experts de 30 pays.
Le SIDA est un fléau contre lequel chacun doit lutter. Sans être spécialiste de cette maladie, il suffit de peu d’efforts pour s’informer et constater que les tabous et préjugés véhiculés, loin de contenir la maladie, ne font que lui permettre de se répandre.
Mais ce sujet est suffisament grave pour ne pas l’amalgamer avec la communauté homosexuelle qui a suffisament à faire avec la repression selective des autorités, les fatwas des abats-jours, et nos propres préjugés.

jeudi 3 mai 2007

Tunisien & Gay: Le double visage

La Tunisie a toujours été tolérante. De par son histoire et de par sa position géographique .Mais bien-sûr en tant que peuple méditéranéen et arabo-musulman le sujet de l'homosexualité reste toujours tabou...

Signe de faiblesse ultime pour certains, vices qui nous donne un accés VIP à l'enfer pour d'autres.Évidement l'homosexualité dans un pays arabo-musulman est un acte criminel.Par contre la législation est trés vague là-dessus vu que pêle-méle on criminalise le viol, la fornication la sodomie et de par ce fait l'homosexualité....
La Société tunisienne du moins sa jeunesse fait preuve d'une tolérance assez notable face à ce phénoméne et à cette communauté de plus en plus visible en Tunisie ...qui n'a pas vu des gays en plein centre-ville de la capitale ou dans les boîtes??? Les soirées Drag-Queen et les soireés Rainbow de Kikoloco ont prouvé que être homosexuel est toléré .
Du moins en facade parce vivre son homosexualité au quotidien ça c’est une autre paire de manche... le regard des gens les préjugés les obstacles et la frustration sont le lot quotidien de la plupart des gays. En effet deux hommes habitant sous le même toit en tant que couple sont passibles de 3 ans de prison... L'affaire du touriste français et de son amant tunisien est le dernier épisode d'une série de coup de bâton orchestré pour disons remettre les choses à leur place ....

D'un point de vue social l'acte homosexuel est répandu voir même normal... Tout les gays vous diront que la majorité des hommes sont bisexuel sce qui est dans un sens une demi-vérité...Effectivement l'acte en tant que tel est extrêmemnt codifié...

L'actif ( sous-entendu dans la conscience collective l'homme) est dans le lit inactif!!!! Les parties du corps qui sont disponibles se délimitées par le nombril et les cuisses le reste du corps et intouchable...Ne parlons pas des fesses qui reste la partie du décor totalement défendue...
Cette pratique homosexuelle n'est ne fait pas considérer comme étant une pratique homsexuelle mais plutôt comme une pratique sexuelle comme l'est par exemple la masturbation.....Il est donc évident que l’Homosexualité a gardé totalement sa définition de Antiquite avec une nette différenciation entre l’éphébe ( passif) et l’homme ( actif)....

Alors dans ce paradoxe comment peut-on bien vivre son homosexualité ??? Eh bien il y n’y en a pas comme il n’est pas possible d’être un Juif sous les Nazis ou une femme en mini-jupe à Kaboul sous les Talibans. On vis dans la cachette dans le mensonge . On vit la culpabilté de n’être pas dans la “ norme” de ne pas être le futur marié le futur pére d’une famille qui fera la joie et la fierté de ses parents..

Même à 9000 Km de Tunis je vis toujours par rapport à mon pére surtout dans le mensonge..Quand est-ce que j’aurais le “courage” diriez-vous de l’avouer??? Dans notre culture on ne peut pas encore avouer à son pére ce genre de chose sans parce que mon pére va souffir le martyr.

Alors oui je suis Tunisien issus d’une famille tolérante mais qui a grandis dans un société qui a du mal à accepter la réalité .La réalité d’une Tunisie qui change d’une jeunesse tiraillée entre Occident et Orient entre Liberté et Réserve entre libre-pensée et soumission.

L'Homoparenté : un lourd fardeau à porter ?

C’est un sujet qui me touche personnellement et qui après des heures et des heures de réflexion et même de débats entre ais reste un sujet des plus épineux. Je suis de la veille école je dirais même cela peut vous sembler paradoxal. Pour moi la paternité est primordialement biologique .


Elle est relié aux gènes et donc à la procréation ou plutôt à la reproduction. Je ne pourrais me sentir père qui si mon enfant est le résultat de ce lien magique qu’est la chaîne de vie. Elle doit être ma descendance, de ma chair, En tunisien nous avons une expression qui illustre ce sentiment : Kebdti. Mon foie, par extension une partie de moi. C’est un lien viscéral.


Alors quand on accepte de vivre et d’assumer pleinement son homosexualité non pas comme une sexualité mais comme un mode de vie et de vivre et d’aimer une personne du même sexe tout en bâtissant une vie de couple normal, il arrive nécessairement un moment dans notre vie de coule où l’on se questionne sur le plus bel acte d’amour que l’on puisse avoir en commun : Un enfant.


Des questions éthiques me traversent l’esprit : Est-ce que je serais prêt un jour à être père ? Ais-je le droit de faire subir à mon enfant les conséquences des choix que j’ai pris ? Quel modèle de père est-ce que je serais pur cet enfant? Est que mon mode aura une influence sur celle de mon enfant? Et surtout est-ce que ce n’est pas de l’égoïsme pur que d’avoir un enfant quand physiquement je ne peux pas en avoir un avec mon partenaire?


Et puis les questions d’ordre pratique surgissent : Qui sera le père ? Est-ce que je vais devoir me contenter d’adopter ou devrais je faire appel à la fécondation in-vitro? Qui sera la mère quelle sera sa place et que devrais-je dire mon enfant ?

mercredi 2 mai 2007

Polémique autour de Gay-Tunisia: briser le tabou et les stéréotypes.

Le tsunami de commentaires haineux provoqué par la création du blog GayTunisia sur la blogosphère tunisienne a été une surprise pour plusieurs d’entre nous.

J’ai pris le temps de réfléchir à la façon à laquelle je pourrais répondre d’une façon approprie à tout cela. Je ne cherche pas la confrontation ni tomber dans le débats habituels. Pour commencer j’aimerais juste remercier les bloggeurs pour vos encouragements et votre soutien. Vous ne pouvez pas imaginer la joie et le réconfort apres la lecture de certains de vos commentaires.

Deuxièmement à tous ceux qui ne le savent pas encore ou qui ne l’ont pas encore compris. Je m’appelle Aziz je suis Tunisien j’ai 26 ans originaire de La Marsa, cheveux noirs yeux bruns et entre autres caractéristiques je suis homosexuel. Je vis avec mon partenaire depuis presque deux ans à Montréal.

J’ai également décidé de rejoindre l’équipe de rédaction du blog gay-Tunisie parce que le projet final me tient à cœur. Je ne peux pas vous donner plus de détails pour l’instant.
Depuis que j’assume ce qui me différencie de 90 % des autres Tunisiens j’ai évidemment du confronter les opinions défavorables de la plupart de mes concitoyens. Les commentaires de certains de mes concitoyens sur le blog gay-Tunisie reflètent ces mêmes arguments qui se basent sur des stéréotypes et des contres –vérités.

Je vais m’efforcer de donner mon point de vue sur chaque argument qui reviennent sans cesse .Ceci n’est pas un débat mais un éclaircissement. Et Jai décidé de le proposer en forme d’interview.



- Question 1 : L’homosexualité n’est pas naturelle. Dieu a crée deux genre : l’homme et la femme. Pourquoi devrais-t-on accepter un acte qui n’est pas naturel?

Très bonne question. Ce qu’il faut se rappeler c’est que la sexualité est acte qui a pour but ultime de procurer du plaisir aux deux partenaires si possible. Or le plaisir est une notion qui n’est pas naturelle. Je m’explique, la sexualité dans le règne animal est un acte qui se limite à la procréation .Il en est de même pour l’Homme. Seuls les Humains ainsi qu’une sous-espèce de chimpanzés les Bonobos pratiquent une sexualité active.
Ainsi la finalité de la sexualité du plaisir et donc peut varier d’un individu a l’autre. Il n’y pas de pratique standard pour chaque individu sur Terre. Ainsi certaines pratiques peuvent vous exciter plus que d’autres. C’est la même logique pour la sexualité entre deux personnes de même sexe.


- Question 2 :L ’homosexualité est une maladie qu’il faut soigner et c’est une déviance sexuelle et les homosexuels ne sont que des pervers sexuels. Qu’en pensez-vous ?

L'homosexualité a été retirée du manuel diagnostique et statistique des maladies mentales, en 1985 et a été déclassifiée lors du congrès de 1992, pour tous les états signataires de la Charte de l'OMS. L'homosexualité n'est donc plus considérée comme une maladie. Il n’ya donc aucune raison de croire que les homosexuels sont atteints dune maladie curable. Ce n’est pas une maladie mais simplement un aspect de notre sexualité en tant qu’humain.Malheureusement à travers le monde la persécution envers les gays est loin d’avoir été endiguée.


-Question 3 :Si on accepte l’homosexualité, il faudrait accepter les pédophiles ?

La pédophilie et l’homosexualité sont deux choses totalement différentes et il faut comprendre un élément de base. L’homosexualité est un acte d’amour entre deux individus d’âges adultes et consentants. Mais cela ne se limite pas à l’acte sexuel. C’est un mode de vieet une communauté à part entiére .La pédophilie est une agression sexuelle contre des enfants qui ne sont pas consentants et ne sont pas encore sexués .C’est donc un crime qui doit être dénoncé et puni parce que il y a abus et aggressions.


-Question 4 :Nous sommes dans un pays arabo-musulman ce n’est pas dans notre culture ou dans nos mœurs. C’est une importation occidentale.

En fait, il faudrait rappeler que selon une étude extrêmement détaillée sur les pratiques sexuelles des hommes tunisiens, plus de 35 % d’entre eux affirment avoir déjà eu une relation homosexuelle...Donc l'homosexualité en Tunisie et dans le monde arabe et ce, à travers les âges est une pratique courante.. Le renier par simple chauvisnisme ou pour gonfler son ego en refusant catégoriquement de confronter la réalité ne ménera nulle part . Entre-temps de jeunes adolescents Tunisiens continuent à souffrir d'isolement et parfois commettent l'irréparrable .En que Société , il appartient à chacun d'entre nous de se poser des questions face à ce phénoméne . L'homosexualité a toujours existé et elle existera toujours.

J’aimerais aussi vous rappeler que la Tunisie est une république dont le 1 er article est le suivant: "La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain ; sa religion est l'Islam, sa langue l'arabe et son régime la république"
De plus l’article 5 stipule que "L'État et la société œuvrent à ancrer les valeurs de solidarité, d'entraide et de tolérance entre les individus, les groupes et les générations " Donc la Tunisie est un État dont la religion est l’Islam qui vit sous une République qui garantit les droits de tous les citoyens y compris homosexuels.

Le sujet est sensible mais il est important de garder un aspect en mémoire. Ce que deux individus font dans leur intimité est de l’ordre du privé. La constitution garantit la liberté de culte. Nous avons accepté que d’autres communautés telles que les communautés juives, catholiques ou évangélistes puissent pratiquées librement leur culte. On ne peut donc pas forcer des individus à suivre un modèle qui n’est pas nécessairement le leur .Le mot clé dans tout cela : tolérance.

Chacun a le droit de vivre sa vie comme il l’entend tant que cela ne nuise pas à l’ordre public ou aux autres citoyens. Aucun individu sur cette terre ne peut juger son prochain. Il n’y a que Dieu qui peut juger de nos actes. C’est de la prétention pure que de vouloir imposer sa juridiction ou ses interdits à son prochain.
La Tunisie a décidé de s’ancrer dans la modernité tout en préservant son identité arabo-musulmane. Le Code du Statut Personnel et l’avènement de la République ont essayé de concilier modernité et religion. Ainsi la polygamie a été abolie. L ’adoption par un parent musulman , le Droit de divorce accordée à la femme, les intérêts bancaires, la vente libre de l’alcool dans les établissements, la contraception, l’interdiction du port du voile dans les endroits publics sont des acquis acceptés par la majorité de mes concitoyens parce que nous croyons en un Islam moderne qui n’est pas une contrainte . Il ya d'autres défis et de nouveaux débats qui surgissent tel que celui de l'héritage de la femme par exemple. Et nous avons des réussites comme par exemple la loi qui pénalise l'harcélement sexuel promulgué en 1992 et qui n'a aucun équivalent dans le monde arabe !


-Question 5 :Quelles sont vos revendications ?

Très simple, la dépénalisation de l’homosexualité .La Tunisie, située à mi-chemin entre application libérale et répressive des dispositions légales à l’égard des homosexuels, tolère plus ou moins l’acte homosexuel pour autant qu’il demeure secret. Dans les milieux ruraux, la révélation d’un tel comportement peut toutefois conduire à la honte, au rejet, voire à des drames humains lorsque la famille se sent déshonorée
Légalement la loi tunisienne est claire. L’article 230 du Code pénal précise que l’homosexualité masculine et féminine est punissable de trois ans de prison. Pire, l’article 230 se situe sous une rubrique qui parle de toute forme de viol et de sodomie . Dans la Loi tunisienne , l’homosexualité est confondue avec la sodomie et le viol (outrage à la pudeur) ce qui est un non-sens!


-Question 6 : Vous êtes de plus en plus nombreux pourquoi ?

Le nombre d’homosexuels ( incluant les bi-sexuels et les trans-sexuels) à travers les âges est, selon une norme mondiale, de l’ordre de 10 % d’une population donnée.La Tunisie suit un cheminement logique de développement. Dans l’Histoire de chaque pays émergent ou riches, l’augmentation du niveau de vie de la population a donné naissance à d’autres revendications dont celle de la communauté gaie de ces populations.
Cette même étude de Pr. Fakhreddine Haffani démontre le poids des tabous dans une société qui vit un changement radical de la place de l’individu face à la société. On remarque surtout cette nouvelle tendance dans la tranche 18-25 ans qui aspire à plus de liberté sexuelle.
Il va de même avec le monde arabe. Ainsi le mouvement homosexuel libanais Helem basé à Beyrouth vient de lancer son premier magazine distribué au Liban : Barra . En 2005 se tenait la premiére Gay Pride dans une métropole arabe ! L'ouverture d'esprit des libanais est une caractéristique de ce peuple multi-confessionnel . . Avec la libéralisation des mœurs de plus en plus de jeunes assument leur homosexualité. Nous représentons donc selon ce chiffre 1 millions de citoyens sous la bannière gaie lesbienne trans et bi-sexuelle. Selon la logique légale actuelle il faudrait théoriquement emprisonner 10.00 % de tunisiens !


-Question 7 : êtes -vous confiants?

Le Tunisien est réputé pour sa modération et nous pouvons déjà nous compter chanceux de ne pas connaitre le sort de nos frères Iraniens ou Égyptiens. Mais le chemin est encore long. Encore de nos jours la violence verbale et même physique qui se traduit par une aggression sexuelle, signe d'un refoulement évident est inacceptable. La Tunisie change et la mentalité aussi.Mais je vous dirais que ce cela va bien plus loin que la simple dépénalisation de l’homosexualité. C'est un choc entre deux visions de la Tunisie. Entre deux modes de vie qu'il est extrêment difficile de concilier . Un débat sur la place de la religion dans notre espace public est nécessaire surtout aprés les tragiques événements de Décembre 2006 .Dans un monde où la violence le rejet de la différence , la haine sont de mise, j'ai foi en l’amour absolu entre deux personnes du même sexe comme une diversité et non pas un fléau.

Aimer en se protégeant

Une video assez amusante d'une campagne de publicité menée par l'ONG AIDS pour sensibiliser les gays aux risques des rapports non protégés.

NB: Cette video peut choquer certaines personnes