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mardi 12 février 2008

Précisions autour de la polémique entourant la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie



Il y a prés d’un an la polémique autour de l’approbation par l’aggrégateur de Tn-blog d’un blog gay tunisien dans la Tunisphére a permis de révéler au grand jour la profonde ignorance de certains de nos compatriotes vis-à-vis de nos revendications.

J’ai essayé d’éclaircir certains points mais j’aimerais ici prendre le temps d’étayer ma revendication et par extension, celle des homosexuels tunisiens.

L'article 230 du Code pénal de 1913 (largement modifié en 1964) prévoit jusqu'à 3 ans de prison pour sodomie entre adultes consentants.



Alors que la Tunisie vit sous un régime républicain qui garantit à ces concitoyens plusieurs libertés fondamentales tel que celle d’opinion ou de culte, il devrait en être de même pour nos choix sexuels. Nous sommes un pays arabo-musulman ; de fait mais il existe plusieurs pays musulmans qui ont dépénalisé l’homosexualité tel que la Jordanie, l’Irak ou la Turquie et qui prouvent que l’on peut être un pays arabe, musulman et intégrer les homosexuels arabes et musulman comme étant des citoyens à part entière.

La Tunisie est une république dont la religion d’état est l’islam certes mais dans la Tunisie moderne bâtie il ya plus de cinquante ans, les droits fondamentaux ont été non seulement reconnues mais instaurer et ce parfois en contradiction avec la Charia, la loi islamique.

Ainsi les Droits accordées aux femmes tunisiennes, l’avortement, la consommation de l’alcool entre autres sont totalement acceptés même si cela est totalement interdit par la Charia.
Il est de fait que l’approche de notre pays garantit la possibilité de pouvoir exercer ce droit : celui du libre-choix.

La religion est un choix personnel et ne devrait en aucun cas être imposé à quiconque .Il en va de même pour la dépénalisation de l’homosexualité, hors de toute polémique morale.
Nous sommes des citoyens comme tous les autres, nous ne revendiquons que le droit d’exister en tant que Citoyen de notre pays et non pas comme des criminels pervers sodomites.

L’hypocrisie entourant ce système mis en place depuis plus de cinquante démontre ses limites. Nous contribuons comme vous tous quotidiennement à la machine économique de notre pays, nous payons nos taxes comme tout le monde et c’est à date la seule reconnaissance citoyenne que nous méritons. Il est temps que cela change...

mercredi 14 novembre 2007

Divers cité




Lors de mon dernier séjour à Toronto chez un couple d’amis récemment installé dans la ville Reine, une pensée m’a frappé l’esprit.

Nous étions là, assis tous ensemble en train de savourer un diner. Nous sommes assez proches pourtant nous sommes si différents. Deux arabes, un canadien, un français et un vénézuélien. .Et cela s’appliquait aussi à mes autres amis et connaissances. Autour de moi, j’étais entouré d’ami(e)s provenant des quatre coins du monde.

Autour de notre table ou du salon , vietnamiens, Vénézuéliens, haïtiens, Africains, Guyanais, arabes , Français , canadiens, polonais, partageant une amitié rendue possible grâce a notre différence.

C’est cela qui nous lie, cette différence ce fardeau que nous avons tous porté et pour la plupart d’entre nous ce cadeau aussi. Parce que c’en est un aussi. Celui d’être ouvert sur le monde sans distinctions.

En vous promenant dans les villages à travers le monde vous vous rendez compte de cette diversité incroyable. Toutes les races, religions orientations sexuelles, dans un même quartier en harmonie...

C’est probablement les seuls lieux dans cette planète où l’Humanité est si bien représentée. Victimes de discriminations partout ailleurs, les gays ont crée ces lieux pour se retrouver tous ensemble sous une autre bannière : celle de la différence et de la diversité.

lundi 15 octobre 2007

L'homosexualite et l' Islam : reflexion


D'abord, avant de parler d'homosexualité, il faut savoir que la vie d'un musulman, croyant et pratiquant, est régie par une minutieuse législation "la Chariâ".

Ce sont des lois basées sur l'interprétation à la fois de la parole du Dieu, inscrite dans le Coran (livre sacré et divin des musulmans) et de la coutume de son Prophète Mohamed (la Sunna), dont la source principale est les "dits" (Hadith) du Prophète et ses gestes.
On distingue, toutefois, les "Sunnites" qui sont les partisans de la "Sunna" à l'opposé des "Chiites" qui vénèrent plutôt son gendre "Ali". La question sexuelle n'échappe pas à l'interprétation par ces textes.

Pour aborder la position que prennent les législateurs islamiques
(Oulama= savants=théoligiciens de l'Islam)

En même temps cet acte est considéré comme un acte religieux, car dans l'islam l'accouplement ne vise pas seulement la procréation mais il manifeste aussi l'harmonie de l'ordre divin, dont la distinction entre masculin et le féminin et leur complémentarité constituent la base élémentaire.
"De toute chose on a fait un couple. Puissiez-vous vous en souvenir"
(Extrait du Coran, Sourat 51,Adh-Dhâriyât, verset 49)

Ces versets furent révélés au Prophète Mohamed par fragments séparés.
Le terme "Tajhaloun" signifie "ignorer" ce qui atténue, d'après certains auteurs, quelques part, "la flétrissure morale dont sont victimes les homosexuels" et laisse entr'apercevoir que le châtiment qui leur est infligé est dû principalement au fait qu'il ont démenti "un messager de Dieu".

L'exemple" du peuple de Loth est mentionné àce titre dans plusieurs versets du Coran. Ainsi dans la Sourat(7) d’Al-Arâf (80-82) il figure entre les "exemples" du peuple du "Prophète Salah" et du peuple Madyan et leur "leur frère Chouayb", deux peuples qui ont transgressé les recommandations de leurs Messagers.

Et Loût, quand il dit à son peuple:
« Vous livrez vous à cette turpitude que nul, parmi les mondes, n' a commise avant vous? [80] Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes! Vous êtes bien un peuple outrancier. » [81]

Et pour toute réponse, son peuple ne fit que dire:

« Expulsez- les de votre cité. Ce sont des gens qui veulent se garder purs! » [82]
Musrif" en arabe signifie "impie et outrancier" alors que la règle en islam, en général, est la modération.

D'autre part, Le Coran promet aux croyants qu'au paradis ils seront servis par des éphèbes (se dit du très beau jeune homme, à l'origine l'adolescent grec qui faisait son service sportif et civil avant d'entrer dans l'âge adulte "éphébie").


Les poètes et les sultans ne cessaient d'invoquer ces promesses pour justifier les relations illicites qu'ils entretenaient. Mais pour la plus part des "Oulamas" il n'y a pas à chercher une interprétation plus profonde que celle mentionnée :

« L'homosexualité est la turpitude des turpitudes »,

L'homosexualité représente 10% de la population mondiale pour ceux qui ne se cachent plus. Certaines coutumes ou religions ou même lois, dans certains pays dont le notre obligent au silence et au secret, mais ne le renions pas ils existent par la nature même si la " normalité " créée par l'Homme les rejette : s'ils sont là, c'est qu'Allah l'a permis. Et si Allah a permis qu'ils soient sur la terre auprès de nous tous, je ne pense pas que ce soit pour qu'on ait de la haine pour eux. Allah a voulu que les êtres soient différents, certainement pour nous apprendre à aimer plus que nous-mêmes.

L'homosexuel "Arabe" se trouve ainsi sans "racines" ni "espoirs". Ces derniers temps cette communauté a commencé à s'organiser pour sortir au jour et revendiquer leurs droits à la reconnaissance. Mais si cet appel ne trouve pas d'échos chez les Maghrébins , ces homosexuels risquent de se claustrer dans un ghetto comme les autres communautés homosexuelles.

En conclusion, l'homosexualité a connu des périodes moins stressantes que de nos jours. Les sociétés arabo-musulmanes n'ont pas cessé d'accommoder l'application de la "Chariâ" à leur train de vie et leurs aspirations

jeudi 5 juillet 2007

Gris

Il est né entre deux mondes, entre deux réalités. Celle de son cœur, de sa soif de vie et celle de sa conscience, austère et moralisante.Il a grandi dans un moule qu’il a toujours trouvé trop étroit pour lui.

Il s’est forgé un caractère à coup de fessées .Il a construit petit à petit une carapace pour le protéger de ce moule de plus en plus étroit.

Il rêve de belles choses vraies fraiches qui sentent le bonheur mais il se réveille avec le goût salé de ses larmes sur ses lèvres


Il comprend qu’il n’est pas dans le moule et que la vie ne lui fera pas de cadeau. Alors il renforce sa carapace, ferme son cœur à double tour et ferme ses yeux sur la beauté.

Il vit dans la grisaille, dans la froideur d’un monde sans goût sans appétit.Il apprend à vivre dans cette réalité noire d’une vie gâchée.

Il se réveille chaque matin, avec le goût salédes larmes, un sourire aux lèvres. Il ouvre les yeux, voit en gris, a froid et a mal dans ce moule qui l’étouffe.

Il se rendort avec cet espoir du rêve et des couleurs, Et il rêve chaque nuit d’une vie qui n’est pas juste rose mais d’une vie vraie où le bonheur est à portée de main.

mardi 19 juin 2007

Choquant ?



L'amour serait-il choquant ?

mercredi 6 juin 2007

Prison .

La prison n'est pas le lieu que le gay imagine . Elle est aux antipodes de tous les fantasmes attachés à cette institution encore moins en Tunisie.La réalité des prisons tu.nisiennes ne collent pas à cette image idéalisée d'un romatisme sulfureux.

Ce désir d'humiliation et de soumission au coeur de l'imaginaire gay semble être totalement en contradiction avec les divers groupes gay qui défendent les valeurs de fierté et d'émancipation. Ce paradoxe entre l'imaginaire gay et la volonté de retrouver notre dignité humaine peut s'expliquer par un renversemnet d,autorité traditionnels. La vie des détenus dans une logique disciplinaire des prisons reprend l'univers de l'autortité mais à son extrême.en suivant la loi du plus fort.

Ainsi ce mythe du viol ou du mois d,abus d,autorité concourt à l'édification de l'identité gay qui joue entre domination et soumission. Le dominant fini par s'approprier la sexualité du soumis.

Au delà du cliché de la virilité , le gay reste attaché à la masculinité comme facteur determinant de son identité. Elle commence souvent par l'injure héterosexuelle par excellence et qui est sans dute le facteur déterminant de l'identité homosexuelle. : le terme ' miboun' équivalent du Pédé .

dans cette obsession de se défendre d'être 'miboun' pour tout homme en devenir , l'enjeu de la virilité apparaît comme un élément discriminant de l'identité masculine.

On peut donc mieux comprendre que dans un cadre tel que les péntencier que la sexualité devient obsessionnelle mais omnipotente dans des actes qui relévent plus de la rage que du plaisir sexuel. Derriere le rapport on entrevoit en filament la mécanique du pouvoir dans ce milieu ou régne la loi du plus fort. L'univers des prisons est bi-polaire : les sous-hommes et les sur-hommes.

le viol fint donc par être une pratique commune qui renvoie à l'image hierarchiséee de l'homme et de la femme comme une alternative à l'absence de sexualité hétérosxuelle.

Les homosexuels qui pourraient répondre librement à ce besoin sexuel sont complétement marginalisés dans ce systéme. Le sexe pour eux N,est pas pour eux une menace mais un objet de plaisir, il échappe donc à la logique de domination et devient une menace pour les sur-hommes qui voient leur pouvoir de dominants leuréchapper dans la mesure où le sexe imposé à autrui par autorité ou par force est leur seul moyen de soumission.

Si la question des viols est à l'origine d'une prise de conscience par la société que l'homosexualité soumise dans les prisons est un fléau alors peut-être il ya aurait une place pour que nos Droits en tant qu'Humains retrouve sa place dans la société Tunisienne.

Parce que pour nous la prison ce sont les de notre société encore ancrée dans une réalité qui n'existe plus.

La circoncision en Tunisie: Comment éviter le traumatisme ?

* Par Aziz

La Tunisie étant à majorite musulmane, les jeunes garçons Tunisiens partagent ce même traumatisme (à degré divers heureusement) de cette fameuse circoncision. La coutume veuille que le garçon se fasse circoncire et ainsi fasse partie de la “Oumma” vers l’âge de six ans. Ne me demandez pas pourquoi je l’ignore . Je ne sais pas si c’est une obligation inscrite dans notre religion ou plutôt une tradition tunisienne.

Il reste que cette période restera marqué à vif pour le reste de notre vie...
Je vais partager avec vous en exclusivité ma propre expérience .. J’avais ( comme tous les graçons de mon âge six ans) quand mes parents ont décidé en grande pompe et à mon insu de me pratiquer la ‘ nakcha’.

Tout d’un coup dans ma petite conscience du monde de 6 ans je me retrouvais le centre d’attention de non seulement toute ma famille mais de tout le voisinage . Toutes les mamans me faisait un gros sourire dés qu’elle me voyait et complimentait ma mére des traditionnels ‘’ I Kemmel 3lik Tbarkallah a3lih ekber Aziz ! Inchallah hakka fil Bac ou fil 3rress’.

Du jour au lendemain mon petit train train d’été de jeune garçon en fût boulversé. La maison était rempli des tantes des cousines de tout bord et on mangait comme des rois !! Et le Gazouz coulait à flot... ah le meilleur souvenir je crois...

Je portais aussi fiérement la jebba et la chéchia en jeune homme que j’étais et en valeureux héritier de la famille..
Et puis le soleil se coucha . Mes copains retournaient chez eux mais la fête continuait à la maison, il ya avait de la bouffe à profusion et le 3acha était servi pour une cinquantaine de personnes ...Un couscous énorme pour mes yeux de 6 ans et encore du Gazouz!!
Les chaises étaient installées dans le jardin et on me disait que ce soir on faisait une grande fête en mon honneur comme mon anniversaire mais en plus gros!!

Waw tout ça pour moi... imaginez le sentiment et l’estime que j’avais de moi durant ces heures de gloire !

Et puis vint la Soulémia ( troupe de chant religieux) et tous étaient habillés surleur trente et un . Même mon oncle était là!!!

Je me promenais entre tout ses invités qui me noyait de leur compliment de leur tape sur le dos, et de la bave de mes tantes qui me pincait les joues avant de me faire un gros calins.

C'est à ce moment là que mon pére avec mon oncle , un monsieur que je ne connaissait pas et d’autres homme me demandaient t de monter dans la chambre des parents. Ce que je refuse évidemment je ne voulais pas rater une minute de cette gloire à ma personne . Et c’est là que en deux secondes mon rêve se transforme en cauchemar ...

Mon pére et mon oncle me prennent soudainnement par les bras et me monte de force dans la chambre. Étonné je commence à hurler à qui veut m’entendre en pensant que j’avais fait une trés trés grosse bêtise ...

On finit par me disposer sur une table drapée et je comprends tout de suite : je vais me faire égorger comme le mouton de l’Aïd !!!

On va m’égorger et aprés on va faire de moi un méchoui et ils vont tous me manger ! Mon instinct de survie reprend le dessus et j’essaie de me débattre et je finis par recevoir la gua7ra de mon oncle...le regard qui vous fige sur place ... Et la le monsieir à côté de mon pére sort sa petit emallette et commence a soulever ma jebba avec l’aide de mon pére ..Qu’allaient-ils faire à ma zigounette ????


Tout en continuant à gigoter comme un forcené à qui on essaie de mettre la camisole de force , le barbier s’approche du trésor de la famille et je ressens un léger pincement. Aprés je ne me rappelle plus. En fait je n’ai aucun souvenir d’une quelconque douleur mais plutôt de cette horrible peur de cette véritable expérience face à la mort ( c’est comme ça que je l’ai vécu).

Je pense que j’ai finalement repris vraiment conscience que lorsque je me suis retrouvé entre les bras de ma mére dans le lit avec une douleur dans le pénis et une montagne d’argent sur ma jebba !!

Les gens littérallement me jettaient de l’argent . Je n’était donc pas mort!! Et c’est le lendemain en criant tellement j’avais mal et que je voulais aller pisser que ma soeur a pris la peine de m’expliquer ce que l’on m’avait fait. Mon pére en fit de même le lendemain. cela m’a pris trois semaines avant que je puisse pisser sans difficulté...


Voilà c’est une histoire parmi des dizaines de millions d’autres histoires d’hommes musulmans. De plus en plus les familles tunisiennes décident de pratiquer l’opération en clinique et c’est trés louable. Le traumatisme n’en est que moindre.

Dans mon cas je n’ai jamais pris cela comme une castration comme plusieurs autres personnes que je connais et qui dans la plupart des cas sont devenus gay...Y a t-il une corrélation ?? je le pense d’où l’importance de pratiquer cette opération dans une clinique et sous anésthésie. Je crois qu’il est aussi fondamental d’expliquer à l’enfant d’une maniére disons imagé ce que l’on va lui faire..